L’OBOLE DE MARSEILLE A LEGENDE ΜΑΣΣΑΛΙΩ
Article paru dans le Bulletin de la Société Française de Numismatique de décembre 2006, n° 10, p. 264.
L’OBOLE DE MARSEILLE A LEGENDE ΜΑΣΣΑΛΙΩ
Jean-Albert Chevillon
Dans notre récent article sur les oboles de Marseille à légende ΜΑΣΣΑΛΙ (1), nous avons montré que la légende longue ΜΑΣΣΑΛΙΩΤΑΝ, présente sur les premiers spécimens du groupe à la tête juvénile de style « riche » (2), avait été assez rapidement remplacée par une légende se limitant aux lettres ΜΑΣΣΑΛΙ.
Or, tout dernièrement, il nous a été donné de rencontrer un superbe spécimen offrant indiscutablement la légende ΜΑΣΣΑΛΙΩ sur le devant du visage et un grènetis parfaitement visible à l’arrière de la nuque qui confirme l’absence totale d’autres lettres.
Cette monnaie, dans un très bel état de conservation malgré un manque de métal sur le revers, semble provenir de la côte varoise (3).
Dotée d’un style très pur, la gravure correspond, sans nul doute au travail d’un excellent graveur grec. A noter, la très esthétique dissociation de la chevelure en deux rangées de mèches sur la partie haute de la tête. Cependant, le grand intérêt de cet exemplaire repose sur son épigraphie qui constitue une étape intermédiaire entre les séries à légende longue ΜΑΣΣΑΛΙΩΤΑΝ et celles à légende réduite ΜΑΣΣΑΛΙ.
En tenant compte, comme nous l’avons signalé (4), de l’existence d’une variété à légende longue présentant une césure ΜΑΣΣΑΛΙΩ / ΤΑΝ et non ΜΑΣΣΑΛΙ / ΩΤΑΝ comme sur la majorité des exemplaires connus, il nous paraît possible de confirmer que le passage de l’une à l’autre légende s’est fait en premier lieu par l’abandon de la partie arrière, puis par l’élimination de la lettre Ω, pour se stabiliser, avant suppression, avec la légende ΜΑΣΣΑΛΙ.
Notre monnaie vient confirmer que des coins ont continué à être gravés par des maîtres issus de l’ambiance « gréco-sicilienne » ultérieurement à ceux créés initialement pour le lancement du groupe. Cet élément intéressant montre que l’atelier utilise du personnel de grande compétence lors de la mise en place des émissions successives, mais également, à notre avis, que la volonté de simplifier naturellement la légende a dû primer sur celle de voir disparaître d’une manière définitive la désinence dorienne.
NOTES :
(1) J.-A. CHEVILLON, « Les oboles de Marseille à légende MASSALI », BSFN, septembre 2005, p. 169 – 172.
(2) A.E. FURTWÄNGLER, « Le trésor d’Auriol et les types monétaires phocéens », dans les cultes des cités phocéennes, Aix-en-Provence, 2000, (Et. Massa. 6), p. 175-181.
(3) Poids : 0,70 g. Collection privée, Gard.
(4) J.-A. CHEVILLON, « Une rare obole de Marseille à la roue présentant une lettre gravée », Annales du Groupe Numismatique de Provence 2004, Aix-en-Provence, (publiées en 2006).

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